Michka Saäl

La position de l’escargot

1998, fiction, 100 minutes, français

Générique        Critiques        La vie du film Secrets de tournage

 

Synopsis

Myriam a depuis longtemps tourné la page famille. Elle vit à Montréal, travaille, a une meilleure amie pianiste de jazz dont elle garde le chien, en manque d’affection. Un jour, deux hommes fort différents se catapultent dans sa vie rêveuse. Un jeune homme qui vole des livres sans vergogne et lui enseigne la position de l’escargot et son vieux séducteur de père, qui ne veut pas mourir seul.

 

extrait

Générique

Scénario et réalisation : Michka Saäl

 

Image : Arthur E. Cooper

Son : Pierre Blain, Claude Beaugrand

Mixage : Thierry Delor

Montage : Natacha Dufaux

Musique originale : Jean Derome

Production : Les Films de l’Autre

Photos de plateau : Bertrand Carrière

 

Avec Victor Lanoux and Mirella Tomassini

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Critiques

 

« Douleureux en soi, le thème des retrouvailles père-fille, qui hante Michka Saäl depuis toujours, se trouve heureusement allégé à l’écran par le ton sur lequel il est traité, qui fait de La position de l’escargot un “drame souriant”, rempli de bulles d’humour et de fraîcheur. »

Huguette Roberge, La Presse, 14 novembre 1998

Photo : Bertrand Carrière.

Photo : Bertrand Carrière.

L’édifice immense du souvenir

« …un beau film généreux qui ouvre le regard et vient élargir la portée universelle de notre cinéma. Un film de maturité qui, par sa profondeur expressive et la singulière variété de ses inflexions, travaille sa matière comme un canevas jazzé. Un film habillé de couleurs inédites (renforcées par la riche partition de Jean Derome) qui semble vouloir mettre “le temps en lambeaux” pour redessiner les contours de son âme chavirée et mieux renaître de ses métamorphoses.

« … le cinéma de Michka Saäl nous invite à nous insurger contre la destruction ou la lente agonie des choses, le déni de mémoire (même les noms des pâtisseries méritent d’être répertoriés!) et la perte du sens pour retenir la vie… une vie qui porterait en elle, dans le secret des gestes, “l’édifice immense du souvenir” cher à Proust. »

Gérard Grugeau, 24 Images, No. 93-94

La mémoire du temps

« Oui, j’ai beaucoup aimé ce film, et pas tant pour la douceur de ton qu’il dégage et des images remplies de secrets et de mystère comme celle de l’arrivée, superbement filmée, de cet homme dans le port de Montréal. L’histoire de Myriam, qui se bat auprès des bureaucrates de l’immigration pour un peu plus de compassion dans les rapports aux étrangers, sonne vrai et juste…

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« Dedié au père, fait dans l’urgence et avec un petit budget, La position de l’escargot utilise les images comme un jeu de miroir entre nous et l’autre, entre nostalgie, les souvenirs et les rancœurs, sans jamais tomber dans la lourdeur d’un passé impossible à retrouver et d’un présent tout aussi impossible à construire… Les images de Michka Saäl évoquent la mémoire du temps, les pleins et les vides qui lient et se délient en chacun de nous,  comme autant d’arabesques à faire et à défaire, à chaque instant, pour ne pas perdre la trace de notre origine. Elle nous invite toujours à nous révolter contre la perte de sens des choses, de la vie, de nous-mêmes. »

Myriame El Yamani, Cinébulles, automne 1998, Vol. 17, no. 3

Comme un paradis perdu

« Ce film est bourré de détails autobiographiques qui lui donnent sa vérité… Enfin, cette coproduction franco-canadienne a beaucoup de qualités qui lui viennent d’ailleurs. De cette Tunisie, que chacun des personnages se rappelle comme un paradis perdu. »

Anne-Marie Baron, L’Arche, No. 493, mars 1999

Inégal, mais prometteur

« Le film présente certaines longueurs et le jeu est parfois inégal, mais le sujet présente suffisamment de questionnements et de savoureuses observations pour soutenir l’intérêt du public, souvent même avec humour. »

Paul Villeneuve, Le Journal de Montréal, 21 novembre 1998

« Un film parfois un peu lourd dans la manière de transcrire son propos, mais qui offre toutefois quelques instants où Saäl, retrouvant son sens du documentaire et s’attardant sur le visage de ses héros, décèle sans les provoquer quelques expressions justes de lassitude, de renoncement ou d’espoir. »

Xavier Leherpeur, Ciné Live, No 24, mai 1999

 « Un film élégant (malgré son budget modeste), traversé par quelques scènes réussies (dont celle, superbe, des retrouvailles de Myriam avec son père), qui suggère — même par ses faiblesses — une sensibilité originale et un regard très personnel. Bref, un premier long métrage inégal, mais prometteur, qui donne envie de voir le deuxième. »

Georges Privet, Voir, 19-25 novembre 1998

 
 

La vie du film

2000

Télévision : CANAL+

 

1999 

Cinéma des Cinéastes, Les 7 Parnassiens, Paris

Festival des films du Monde de Montréal

Festival du Cinéma Méditerranéen de Montpellier

Festival international de Rouyn-Noranda

Journées cinématographiques de Carthage

Festival international du film de Mar del Plata

Festival International du Film de Djerba

Festival International de Cinéma de Figueira Da Foz

Festival Women Make Waves de Taïwan

 

1998

En salle : Montréal, Quartier Latin

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Secrets de tournage

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Un tout petit tournage

« “Pour l’anecdote, disons que nous étions deux en Tunisie. Je faisais les repérages, le casting, le maquillage, les costumes, le son… et le directeur photo filmait. C’était vraiment un tout petit tournage, mais je le dis puisque je suis assez fière des résultats des images”, déclare-t-elle, amusée. »

Propos recueillis par Paul Villeneuve, Le Journal de Montréal, 21 novembre 1998

Les origines

« Je n’essaye pas de faire un film sur quelque chose. Je sais par contre que c’est la première histoire qui me soit jamais venue, mais il a fallu que je fasse six films avant de tourner La position de l’escargot… »

Propos recueillis par Huguette Roberge, La Presse, 14 novembre 1998

Les petites vérités

« Quand on écrit un roman ou un scénario, les personnages que l’on crée sont pratiquement toujours un composite de gens que l’on connaît, mais le résultat ne correspond pas à une personne réelle. De même les petites histoires, les petites manies sont inspirées par de petits détails emmagasinés dans ma vie, mais elles n’ont qu’un caractère anecdotique. »

Propos recueillis par Denise Martel, Le Journal du Québec, 5 septembre 1998

Les rapports hommes-femmes

« Michka Saäl définit ainsi son film La position de l’escargot : “C’est l’histoire d’une jeune femme qui a du mal avec les hommes de sa vie. Et l’origine de ce mal, c’est qu’elle n’a pas eu de vrai rapport avec le premier homme qu’elle a connu : son père. Je pense que nous avons toutes du mal à comprendre comment fonctionnent les hommes. Ils ne parlent déjà pas beaucoup et, en plus, si le premier spécimen qu’on a devant soi communique peu, c’est beaucoup de temps perdu”. »

Chatelaine, septembre 1998